Le Général de Gaulle à Thessalonique

Il suffit de se plonger dans l’histoire de Thessalonique, de déambuler dans ses rues, ses avenues, de rencontrer ses habitants, pour mesurer le lien que la ville entretient avec la France, son expertise, sa langue, sa culture, depuis si longtemps, et comprendre la francophilie, pour beaucoup la francophonie, des Thessaloniciens, toujours aussi présente.
Le Consulat général, l’Institut français et l’École française de Thessalonique avons donc eu l’idée de lancer les Chroniques du Jeudi de LA FRANCE À THESSALONIQUE, pour faire partager cette histoire passionnante et mieux faire connaître la France, celle d’hier, d’aujourd’hui et de demain, dans le nord de la Grèce  – n’oublions pas l’étendue de la circonscription du consulat : Macédoines centrale, occidentale et orientale, Epire, Thrace, Thessalie – et renforcer le réseau et la communauté d’idées France et cette région.
En voici le premier numéro, consacré à l’inauguration de l’Institut français, par le Général de Gaulle et son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Maurice Couve de Murville, le 19 mai 1963.
N’hésitez pas à partager ces chroniques avec tous ceux qui aiment la Grèce et la France.
Rendez-vous à la semaine prochaine.
Confinés, toujours envie de se cultiver, de partager …
Sandrine MOUCHET
Consule générale, directrice de l’Institut français de Thessalonique

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Le Général de Gaulle à Thessalonique

Le 19 mai 1963, le Général de Gaulle, président de la République française, arrive à Thessalonique pour une journée de visite mémorable.

Il est accompagné du Premier ministre Konstantinos Karamanlis, qu’il connaît bien puisque celui-ci s’est déjà rendu quatre fois à Paris, entre 1959 et 1963, dans la perspective de renforcer la relation bilatérale et d’obtenir le soutien du Général en faveur de l’adhésion de la Grèce à la Communauté économique européenne.

Les deux hommes défilent dans la ville à bord d’une décapotable, notamment devant la Tour blanche, emblème de Thessalonique, acclamés par un public enthousiaste scandant :

« Vive De Gaulle ! », « Vive la France ! ».

Le Général effectue ensuite une visite historique au « Lycée français » : à ce jour, aucun autre président de la République française ne s’y est jamais rendu. Le lieu est bien connu des habitants de la ville depuis que la Mission laïque française a choisi Salonique¹ pour installer sa première école à l’étranger en 1906. Le bâtiment de l’avenue Stratou, reconstruit après l’incendie de 1968, abrite toujours l’École et l’Institut français, rejoints en 2011 par le Consulat général de France².

Le Président français et le Premier ministre grec terminent la journée par une visite au carré français de la nécropole interalliée de Zeitenlick afin de rendre hommage à ces quelque 8 000 soldats tombés sur le front d’Orient, entre 1915 et 1918³. Dans un moment d’émotion particulière, le Général se recueille devant la sépulture de l’officier Poirot de Chef de Bois, son camarade de classe à l’École militaire et compagnon de combat pendant la Grande Guerre⁴.

Cette visite du Général de Gaulle en Grèce marque un tournant décisif de la relation franco-hellénique et ouvrira la voie à des décennies de solidarité, toujours aussi vivace quelques soixante années plus tard.

¹ Autre appellation de Thessalonique datant de l’Empire ottoman.
² Le consulat a déménagé à plusieurs reprises depuis sa création en 1686. Avant de rejoindre les locaux de l’avenue Stratou, il se trouvait place MaKenzi King, tout près de l’église Sainte-Sophie de Thessalonique.
³ Voir la Chronique du Jeudi « Thessalonique et l’empreinte française du front d’Orient ».
⁴ Source : Christos Zafiris, To μυθιστόρημα για την επίσκεψη του Ντε Γκολ και το παρακράτος, (Le roman sur la visite de De Gaulle et les organisations paragouvernementales), https://www.thessmemory.gr, 26/5/2017.

 

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