Une soirée de mémoire et d’émotion

A l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Aidez le peuple grec : la collection antidictatoriale de la famille Meynaud (1967-1974) ».

Des documents importants issues de la vaste collection antidictatoriale de la famille Meynaud sont présentées dans l’exposition « Aidez le peuple grec : la collection antidictatoriale de la famille Meynaud (1967-1974) », qui a été inaugurée à l’Institut français de Thessalonique, dans une atmosphère empreinte d’émotion, et marquée par des messages rappelant l’importance de préserver la mémoire.
La période de la dictature en Grèce fut « une période sombre durant laquelle des centaines de Grecs trouvèrent refuge en France. L’influence culturelle de celle-ci, la proximité historique et culturelle entre les deux pays, la place éminente de Paris dans les domaines des arts, des lettres et des sciences, ainsi que la réputation de la France en tant que pays d’asile par excellence ont joué un rôle dans le choix de cette destination », a souligné le Consul général de France, M. Jean-Luc Lavaud, tout en saluant « celles et ceux qui continuent, avec persévérance et sans relâche, à mettre en lumière l’importance de la Mémoire et de l’Histoire comme outils de compréhension à la fois du passé et du monde contemporain ».

L’historien et commissaire de l’exposition, M. Christos Christidis, représentant la Fondation du Parlement hellénique, a tenu à rendre un hommage appuyé au regretté Gerasimos Notaras, à l’initiative de la première présentation de l’exposition à Athènes en 2019, ainsi qu’à Mme Kaiti Tsaroucha, qui a œuvré à sa présentation à Thessalonique. Il a par ailleurs insisté sur la portée symbolique de l’accueil de cette exposition à l’Institut français de Thessalonique.

Le secrétaire spécial de l’Association des anciens prisonniers et exilés (1967-1974), M. Triantafyllos Mitafidis, a souligné que la collection de la famille Meynaud constitue une source inestimable de connaissances sur la lutte antidictatoriale à l’étranger, saluant sa présentation à Thessalonique.
Le président du Lieu de mémoire de la résistance antidictatoriale (1967-1974) à Thessalonique, M. Christos Zafeiris, a souligné la valeur pédagogique et morale de la collection, rappelant que « de nos jours, certains pays souffrent encore de guerres et de régimes dictatoriaux, et des peuples luttent pour la liberté et la démocratie, en attendant une solidarité internationale, comme ce fut le cas pour la Grèce durant les années 1967-1974 », a-t-il indiqué.

Dans son allocution, le président du Département des sciences politiques de l’Université Aristote de Thessalonique, le professeur M. Aris Stylianou, a souligné la valeur de l’œuvre de Jean Meynaud et sa contribution à l’affirmation des sciences politiques comme discipline indépendante, en précisant que les chercheurs contemporains lui doivent beaucoup.

Un moment particulièrement émouvant a été celui où la fille de la famille, Mme Hélène-Yvonne Meynaud, qui s’est venue spécialement à Thessalonique pour cette manifestation, a évoqué son père, le professeur Jean Meynaud, sa mère Hélène Zographos, ainsi que leur combat dans la lutte contre la dictature, notamment à travers la collecte de documents provenant du monde entier. Émue, elle a également parlé de Gerasimos Notaras, qui avait été l’assistant de son père à l’Université de Lausanne avant de retourner en Grèce, où il fut emprisonné et torturé.

« C’était mon grand frère, mon professeur de grec, et surtout mon maître en matière de justice et de dignité », a-t-elle déclaré.

L’exposition présentée à l’Institut français de Thessalonique a été réalisée en collaboration avec la Fondation du Parlement hellénique pour le parlementarisme et la démocratie, la Société des amis du Lieu de mémoire de la résistance antidictatoriale (1967-1974) à Thessalonique, avec le soutien de l’Association des anciens prisonniers et exilés (1967-1974), du Département de sciences politiques de l’Université Aristote de Thessalonique, ainsi que de la municipalité de Thessalonique.

L’exposition restera ouverte jusqu’au 23 mai.
Horaires d’ouverture :
Jeudi et vendredi : 18h00 – 21h00
Samedi : 11h00 – 14h00
À noter : l’exposition sera fermée le vendredi 1er mai et le samedi 2 mai.
Salle Allatini-Dassault, Institut français de Thessalonique, 2A avenue Stratou.
Entrée libre pour le public.