Visite de Valéry Giscard d’Estaing à Thessalonique

 

 

Visite de Valéry Giscard d’Estaing à Thessalonique

Publiée quelques jours après le décès de l’ancien président de la République française Valéry Giscard d’Estaing, survenu le 2 décembre 2020, cette chronique lui rend hommage en revenant sur sa visite à Thessalonique en 1975.

Le déplacement en Grèce du Président Giscard d’Estaing se situe à un moment symbolique, un an après son élection comme chef de l’État et le retour au pays et au pouvoir du Premier ministre grec Konstantinos Karamanlis, qui venait de vivre un long exil à Paris, durant lequel les deux hommes s’étaient liés d’amitié.

Lors de l’allocution qu’il prononce au palais du gouvernement grec, le Président français évoque la ville de Thessalonique et le nord de la Grèce en ces termes :

« Monsieur le Premier ministre, voici Salonique […], la Grèce des frontières. Celle d’où ont jailli la pensée d’Aristote et le rêve d’Alexandre. Cette terre charnière fut le théâtre, au cours des siècles, je dirai au cours des millénaires, de maints affrontements, et c’est ici que fut scellée la fraternité d’armes de nos deux peuples et que se sont mêlés les sangs de nos soldats. »

Dans la ville, les deux hommes se rendent à Zeïtenlick¹, la nécropole interalliée située à la périphérie nord, afin d’honorer la mémoire des quelque 22 000 soldats du front d’Orient qui y sont inhumés : 8 310 hommes du corps français (métropolitains, Sénégalais, Malgaches, Indochinois et Nord-Africains), aux côtés de leurs compagnons d’armes britanniques, italiens, serbes, et russes. L’histoire de cette armée d’Orient sous commandement français, qui investit la ville multiculturelle et multireligieuse de Salonique de 1915 à 1918, et dont les effectifs atteignirent 400 000 hommes, est tout aussi fascinante que méconnue. Son action a permis d’accélérer la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 et sa présence a eu un impact majeur sur la ville et la région, toujours perceptible de nos jours².

¹ Un petit musée français, ouvert au public, est consacré à cette riche histoire à l’entrée du cimetière de Zeïtenlick. De nombreuses informations peuvent par ailleurs être consultées sur le site du Consulat général de France à Thessalonique.

² Voir la Chronique du Jeudi « Thessalonique et l’empreinte française du front d’Orient ».

 

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