Du panache à l’École française de Thessalonique

Du panache à l’École française de Thessalonique

Au mois d’avril 2021, l’École française de Thessalonique (EFT) a adopté un nouveau logo, conçu par l’équipe pédagogique et par les élèves.

L’idée de repenser l’identité visuelle de notre école germait dans les esprits depuis la rentrée scolaire 2020 et l’arrivée de la nouvelle équipe de direction. Celle-ci a souhaité tenter le projet en interne, dans l’esprit d’initiative, de créativité et de travail collectif qui caractérise l’EFT. Les élèves du secondaire se sont mobilisés et ont réalisé un croquis intégrant quatre éléments clés :

  • le coq, pour symboliser la France ;
  • des branches d’olivier, pour symboliser la Grèce ;
  • les couleurs de nos deux pays, le bleu, le blanc, et le rouge ;
  • et, naturellement, le nom de l’école, accompagné de sa date de création, 1906 (qui rappelle l’ancienneté de l’établissement dans la ville¹), et des niveaux proposés (maternelle, primaire, collège, lycée, soit la totalité du cursus, de 2 à 18 ans).

Les élèves ont ensuite transmis le projet au graphiste, un ancien élève de l’EFT ayant étudié le design et l’animation, qui a stylisé le logo sur image numérique, avant d’affiner les couleurs avec la direction, pour évoquer la Grèce, tout en rappelant le drapeau français avec le rouge sur la crête du coq.

La dynamique d’équipe a bien fonctionné, et ce coq aux allures sympathiques fait déjà des adeptes.

Mais quelle est l’histoire de ces symboles choisis par les élèves, le coq pour la France, l’olivier pour la Grèce ?

L’expression coq gaulois remonterait aux poètes romains, qui jouaient sur l’homophonie entre gallus, le coq, et Gallus, le Gaulois (habitant de la Gallia, la Gaule, ancêtre de la France). On retrouve d’ailleurs ce nom en grec moderne, puisque la France se dit Γαλλία. Le coq est à l’époque l’attribut de plusieurs dieux romains, Jupiter, Mars, Apollon et surtout Mercure, et les coqs, notamment votifs, sont très courants dans l’imagerie collective. L’allégorie fait référence aux traits de caractère de l’animal : il est l’annonciateur du lever du jour, mais aussi la figure du panache et de la bravoure. À partir de la Renaissance, le coq symbolise le roi de France et son royaume, mais c’est surtout pendant la Révolution française que l’animal devient l’emblème du peuple en colère et de la France qui renait de ses cendres, tout en représentant également la vigilance.

Quant à l’olivier, il est intrinsèquement lié à la vie des habitants du pourtour méditerranéen depuis des millénaires. Considéré comme un cadeau précieux de la nature, il a toujours accompagné les Grecs, à tous les moments de leur vie, tant par ses fruits, son huile, que ses branches. Il est omniprésent dans la mythologie grecque. La légende la plus illustre est celle de la déesse Athéna, en compétition avec Poséidon pour la possession d’Athènes : quand celui-ci frappe la terre de son trident pour en faire jaillir un imposant étalon noir (ou une source d’eau salée, selon les récits), la déesse, elle, fait naître un olivier de la terre brûlée par le soleil. L’arbre immortel qui permet de nourrir et soigner les hommes est jugé bien plus utile pour le peuple, et Athéna devient ainsi la protectrice d’Athènes. Dans l’Odyssée d’Homère, le pieu avec lequel Ulysse crève l’œil du cyclope est taillé dans un olivier. C’est aussi de l’Antiquité que date sa symbolique pacifiste : des couronnes d’olivier étaient portées par les jeunes mariées et les rameaux de l’arbre, accompagnés de jarres d’huile d’olive, étaient offerts aux vainqueurs des Jeux olympiques.

De beaux symboles, donc, pour une école au cœur de Thessalonique depuis bientôt 120 ans, qui a su relever de nombreux défis avec audace et panache, se fondant toujours sur les valeurs fondamentales de paix et de dialogue entre les cultures.

¹ Voir la Chronique du Jeudi « 1906, la Mission laïque française ouvre sa première école à Thessalonique ».

 

Retrouvez les Chroniques du Jeudi sur nos sites :

- Consulat général

- Institut français

- Ecole française